Douces notes de synthétiseurs, sonorités 8-bit, paroles emplies d’amour et esthétique vintage… voilà qui peut parler à deux générations totalement différentes : celle qui a vécu son enfance dans les années 80 et celle qui a vécu les années 2000. Ces esthétiques sont de retour en force depuis quelques années et continuent d’animer les coeurs et esprits de nombreux groupes émergents, et Toboggan ne fait pas exception à la règle. Puisant abondamment dans un univers rétro et dans les émotions adolescentes qui ont fait vibrer tout un chacun à un moment donné de sa vie, le duo exprime ses peurs, ses joies et ses expériences diverses et variées sur de douces mélodies synthétiques et, pour reprendre leurs propres termes, « dans la langue de Molière ». À l’occasion de la sortie de leur nouveau single « Glace à la fraise » sorti aujourd’hui même, nous leur avons posé quelques questions pour apprendre à les connaître !

1. Hello Toboggan ! Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions aujourd’hui. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore ?

Hello Hauméa, merci à vous, on est super content.es d’y répondre ! Nous c’est Toboggan, on fait de la pop synthétique pour les gens romantiques chez le label Pont Futur. On compose et on chante en français et on vient de sortir un nouveau single qui s’appelle “Glace à la fraise”.

2. Vous avez démarré votre carrière musicale il y a très peu de temps : votre premier single, intitulé « Souvenirs Caraïbes » est sorti en 2019, soit il y a à peine deux ans. Aviez-vous une carrière solo chacun de votre côté, avant de faire de la musique ensemble ?

Moi je faisais quelques démos au synthé sur soundcloud sous l’alias saperli_paupiette_ et Quentin était bien occupé au sein de son groupe Anacortes. Toboggan c’est un peu un mélange des deux, de la pop légère et des sons de synthés très caractéristiques, toujours dans la langue de Molière.

3. Et puis-je me permettre de vous demander pourquoi avoir choisi « Toboggan » comme pseudonyme ? Est-ce que l’enfance est un thème qui vous touche particulièrement ?

Avant de se connaître on aimait beaucoup dessiner des toboggans, et on s’était tous les deux dis chacun de notre côté que si un jour on avait un groupe ce serait chouette de l’appeler Toboggan. Ça a été une coïncidence rigolote et une évidence de plus entre nous. On en est très content.es car ça représente bien notre univers musical et graphique. Il y a cette philosophie de faire une musique directe, innocente, naïve, et ça marche aussi avec notre esthétique pop et colorée.

4. Pour poursuivre dans cette direction, on commence à observer depuis quelques années une résurgence de références rétro, vintage, nostalgiques au sein de la pop française. Il suffit d’observer des groupes comme Grand Blanc et leur titre « Télévision », comme Vidéoclub et leur esthétique néon ou encore comme Chaton et ses paroles parfois acerbes sur la société digitale d’aujourd’hui pour s’en rendre compte. Vous aussi, vous vous inscrivez dans cette esthétique – qu’est-ce qui vous attire autant dans cet univers d’antan, surtout pour vous qui faites partie de cette génération dite « millenial » ?

On est super inspirés par l’univers musical et visuel des années 80 à 2000, les couleurs pastels, les fringues, l’esthétique des clips, les sons très marqués etc. Notre première référence et ligne directrice c’est Elli et Jacno et l’amour rétro kitsch. On aime beaucoup cette vision de la musique : jouer avec la frontière entre le bon et le mauvais goût, aller chercher des lignes mélodiques super efficaces, utiliser des sons de synthé très caractérisés. On adore aussi la pop telle qu’elle est aujourd’hui, donc l’idée c’est de faire un mix and match des deux.

Similaire à Toboggan : Après plusieurs jours de suspense, L’Impératrice dévoile un clip surréaliste pour leur nouveau single « Peur des Filles ».

5. Comme pour affirmer encore plus un univers déjà bien dessiné, vous faites suite aujourd’hui à votre single « Dans le noir » avec un titre nommé « Glace à la fraise », un dessert d’enfance que vous vous appropriez et utilisez comme métaphore pour décrire l’amour et ses aléas tout au long du titre. Pourriez-vous nous en dire plus sur ce qui a inspiré l’écriture de ces paroles et plus particulièrement leur côté métaphorique, presque abstrait parfois ?

On avait envie de raconter la naissance des idylles estivales et la floraison des tentations à travers une ode pop toute en tendresse et sensualité. Quoi de mieux qu’une bonne glace à la fraise, éphémère et sucrée pour illustrer ces sensations d’été.

6. Plus enjoué que vos précédents titres musicalement parlant, ses paroles sont pourtant plus tristes, plus mélancoliques que ce à quoi vous nous avez accoutumés. Est-ce que vous aimez jouer avec les contrastes en musique ? Que signifient-ils pour vous ?

Oui, on adore jouer avec ces ambivalences. On aime les musiques très pop, aux mélodies efficaces…les tracks coup de cœur dès la première écoute. C’est quand ces mêmes musiques offrent un second récit un peu plus profond à la relecture qu’elles nous marquent. Des artistes comme Lola Le Lann ou Clara Luciani arrivent très bien à faire cohabiter pop solaire et mélancolie. On s’est beaucoup inspiré de cette tension entre le texte et la musique pour ce titre.

7. Je souhaite également m’attarder sur la vidéo qui accompagne le titre ; fidèle à l’ambiance du titre, elle est colorée, solaire, une petite danse accompagne même le refrain… si l’on ne lisait pas les paroles à mesure que le titre se développe, on pourrait croire à une vidéo pour comptine. Les dessins renforcent selon moi l’ambiance à la fois heureuse et triste du titre : comment s’est fait le choix des visuels ?

On aime beaucoup illustrer nos projets par des dessins et des illustrations. On dessine un peu tous les deux,  Quentin a animé tout seul le clip “Nuits sans toi”, on s’est aussi fait connaître avec « Souvenirs Caraïbes » dessiné et animé par Anna Chwal. C’est un peu notre marque de fabrique, ça nous permet d’être plus identifiables et de transmettre un peu plus de nous à chaque sortie. Ici on avait envie d’un visuel solaire et sucré, qui match avec l ‘ambiance du titre.

Envie d’écouter plus de pop française ? Direction notre playlist n°11 !

8. Egalement, êtes-vous influencés d’une manière ou d’une autre par des artistes de pop française ? Je pense qu’on pourrait aisément vous comparer à une version plus indé et plus intimiste de Vidéoclub, par exemple !

Bien sûr, on est très influencé.es par la scène française actuelle. On puise beaucoup nos inspirations chez les Pirouettes, Lola Le Lann, Lewis OfMan, Flavien Berger…

9. Et petit aparté, je vois que vous êtes soutenus par le label Pont Futur, un label qui héberge de nombreux talents français comme La Belle Vie ou encore Refuge qui signait récemment un duo avec Pijama. Comment avez-vous rencontré le label ?

On connaît Pont Futur depuis le tout début, c’est une structure qui nous a toujours fait de l’œil car on aime beaucoup les artistes qui en font partie. On a profité du confinement pour leur envoyer une maquette d’EP et c’est comme ça qu’on a signé chez eux. On est super fièr.es de travailler à leurs côtés.

10. Je sais que vous venez à peine de sortir un nouveau titre, mais à quoi doit-on s’attendre de votre part pour les semaines à venir ? Un clip pour ce titre ? Quelques concerts ? Ou complètement autre chose ?

On prépare plein de belles choses cette année. Des clips, des collaborations, des concerts… les prochains singles sont des musiques qui nous tiennent très à cœur, avec un univers musical un peu plus marqué. On espère que ça vous plaira !

11. Enfin, voilà une question avec laquelle j’aime finir mes interviews : y a-t-il un.e artiste que vous suivez de près en ce moment ?

Cour de récré et Thx4crying sont des projets que l’on affectionne particulièrement en ce moment. On est fans de leur esthétique et très admiratifs de leur capacité à faire du neuf avec du vieux. C’est super inspirant !


Toboggan est à retrouver sur toutes les plateformes de streaming. Vous pouvez également les suivre sur Instagram !

– découvert via Groover.

About the Author: Cloé Gruhier

Rédactrice web depuis plusieurs années, j'ai une passion prononcée pour les musiques électroniques et alternatives. Des envolées synthétiques de Max Cooper aux mélodies et textes introspectifs de Banks, mon radar détecte les nouveautés des scènes indépendantes françaises et internationales, et ce entre deux stratégies de communication pour des labels et artistes indépendants !