IOTA PHI, une artiste grecque dont la musique a déjà largement dépassé les frontières de son propre pays. Elle surprend par sa capacité innée à retransmettre ses émotions les plus profondes sur des musiques oniriques, mi électroniques mi organiques ; ses titres ont déjà touché des auditeurs partout dans le monde, lui valant notamment d’être mise en avant sur les playlists et médias les plus convoités au monde. IOTA PHI rayonne par son authenticité, partageant sans filtre avec une voix au grain particulier des expériences vécues ; en synthétisant des expériences tant universelles que personnelles, elle touche le coeur de son auditeur, l’embarquant ainsi dans son jardin intérieur. 

Elle sortait vendredi dernier un nouveau single intitulé « Daydream », un titre pop alternatif rêveur qui saura ravir les auditeurs en recherche d’émotions brutes. À l’occasion de la sortie de son titre, nous lui avons posé quelques questions !

1. Hello IOTA PHI ! Merci beaucoup d’avoir accepté de répondre à nos questions aujourd’hui. Peux-tu te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore ?

Salut Hauméa Magazine, merci de m’avoir donné la chance de présenter mon travail à votre audience. Je m’appelle Ilia Darlin et mon projet s’appelle IOTA PHI. Je suis basée à Athènes, en Grèce, je suis chanteuse, auteure-compositrice et je suis récemment devenue productrice de disques. Je réalise et crée la plupart de mes visuels.

2. Tu as commencé à diffuser ta musique au grand public en 2017 ; ton premier single s’intitule « Kids Of Chaos », un single qui rappelle aisément les travaux de Sevdaliza ou FKA Twigs. D’où vient ton inspiration, et surtout qu’est-ce qui t’inspire au quotidien ?

Kids of Chaos est un titre qui me tient beaucoup à coeur, c’est un moment de mon parcours créatif dont je suis très fière.
J’ai l’impression que toute inspiration vient de l’intérieur, mais elle n’est pas toujours facile à entendre. Je fais ce que je considère comme l’art qui m’est le plus fidèle quand je laisse mes émotions prendre le dessus, et parfois je suis surprise de ce qui refait surface. Il y a beaucoup de vérités qui émergent quand on arrive à faire taire son cerveau, mais je tiens à dire que l’art et la musique sont aussi une question de discipline. Je travaille mon métier tous les jours, et c’est aussi difficile qu’un métier artisanal.

3. Tu es basée en Grèce, et c’est une scène musicale à laquelle on n’est pas habitués ici en France. Es-tu inspirée de quelque manière que ce soit par la scène locale et/ou traditionnelle grecque ?

À l’exception de quelques proches collaborateurs, je voyage en solitaire dans le sens où je ne me sens pas tellement intégrée à une communauté musicale ici à Athènes. J’ai vécu à l’étranger pendant de nombreuses années, ce qui m’a peut-être éloignée des artistes d’ici. Mais j’ai besoin de références grecques, donc j’essaie de puiser dans l’antiquité.

4. Tu as sorti vendredi dernier un single intitulé « Daydream », un morceau différent, par nature plus calme, plus rêveur que tes précédentes sorties. Qu’est-ce qui a inspiré la mélodie et le choix des instruments sur ce morceau ?

J’ai toujours rêvé de pouvoir composer un titre incluant différents styles, sentiments, etc. Et comme la vie, ce titre a vécu plusieurs étapes. J’avais en tête la plupart des paroles depuis des années maintenant, et un jour mon ami Eliot est venu en studio et nous avons écrit le titre en 10 minutes, peut-être moins. Il était temps… Les paroles ont guidé ma topline, ce qui n’est pas ma manière habituelle de fonctionner. Parfois, le flow et la mélodie sont plus importants que les mots, mais cette fois, tout ce que je voulais dire était dit. Je pense que le titre est assez lyrique, quoique brut parfois ; un synthé aux sonorités onirique et un violoncelle semblaient traduire ces sentiments. Le résultat est assez simple, je me suis surtout appuyée sur des effets pour créer l’ambiance.

5. Lorsque qu’on s’attarde sur la signification des paroles du morceau, on t’entend parler avec beaucoup d’émotion de la façon dont on peut se parler à soi-même, de la manière dont on sabote ses propres actions et d’une manière générale de nos mauvaises habitudes. Sans rentrer forcément dans le détail (je ne veux pas être intrusive !), qu’est-ce qui t’as poussée à écrire ces paroles ?

Je professe l’honnêteté dans mon travail, donc tu n’es pas intrusive. Parfois, j’ai pensé que je m’adressais à un ancien amant, mais pendant le processus d’écriture, j’ai réalisé que je m’adressais à moi-même. Accepter, au lieu de combattre ses parties vulnérables, est ce qui vous rend plus fort, et il faut alors acquérir une certaine discipline pour profiter de la vie.

Similaire à IOTA PHI : Plongée au coeur du royaume des rêves sur « Moonlight »;, la ballade électro trip-hop du mystérieux duo Skycabin.

6. Et tu as nommé ce morceau « Daydream », qui signifie « rêve éveillé » en français. Comment est-ce que ce terme se reflète dans les monologues intérieurs que tu évoques et dans les vieilles habitudes dont on essaie de se débarrasser ?

La chanson raconte quelque chose qui m’est réellement arrivé. J’ai rêvé de cette rencontre dans un café un jour de pluie. Une étude indique que nous passons 47 % de nos journées à rêvasser. Certains rêves éveillés peuvent être perturbateurs, mais certains s’avèrent bénéfiques. Pour moi, celui-ci m’a fait aussi bien l’effet d’une page qui se tourne qu’une épiphanie.

7. Côté clip, on te voit dans une pièce où des images sont projetées sur ce qui semble être des draps fixés au mur. Tu as mentionné que la vidéo reflète comment lorsqu’on était petit, notre chambre, c’était notre univers tout entier. Est-ce quelque chose que tu considères toujours comme vrai, une fois l’âge adulte atteint ?

Hmm pas vraiment pour être honnête. Mon studio est maintenant devenu ce lieu pour moi, et la nature également.

8. Et si on replace le clip dans le contexte du confinement ; je sais que la vidéo a été tournée à cette période, mais pensez-vous que le confinement justement nous a aidés, d’une certaine manière, à se reconnecter à cet âge où nous jouions dans nos chambres, quand nous étions enfants ?

Je pense que le confinement nous a aidé à réfléchir en général. Cela a été une phase très ésotérique, pour certains plus difficile que pour d’autres, mais ça été une phase créative d’une manière ou d’une autre pour tout le monde. Nous avons été obligés d’effectuer un travail d’introspection, de regarder en arrière aussi, peut-être.

9. Tu as reçu plusieurs awards pour tes travaux de réalisation audiovisuelle. Je ne peux qu’imaginer que le confinement a eu une énorme influence sur tes idées ainsi que sur ta manière de travailler en tant qu’artiste. Comment est-ce que tu as imaginé et réalisé ce clip ?

Je viens d’être maman, donc le confinement ne m’a pas trop affecté, dans un sens où je n’aurais pas été la plus extravertie de toute façon. Cela fait un bon moment que je me suis isolée dans mon studio et s’il y a bien quelque chose de bénéfique que je dois tirer du confinement, c’est que ça m’a sauvée de l’impression de rater quelque chose. Mon studio est en face de chez moi et nous y avons tourné la vidéo pendant plusieurs nuits alors que Phoenix dormait. Je savais ce que je voulais dès le début, nous expérimentions simplement avec les lumières et la caméra en essayant d’obtenir cette ambiance rêveuse.

10. Je voudrais également évoquer le choix des objets qui ont été éparpillés dans la pièce, des cahiers à côté du lit sur lequel on te voit allongé jusqu’aux patins que tu portes à tes pieds. Quelle signification ont-ils pour toi, ces objets ?

Cette chanson est très authentique, donc il me semblait juste que la vidéo le soit aussi. Elle est très réaliste car j’ai vécu dans mon studio pendant des années. Nous tentions de recréer cette époque, en utilisant mes objets personnels, des accessoires issues d’œuvres précédentes, etc. J’étais patineuse artistique, d’où les patins. Tout ce qui se trouve dans la vidéo reflète mon histoire. Je sais que tout le monde a sa manière de décrire son propre univers, d’une manière ou d’une autre.

11. Il est précisé que la vidéo de « Daydream » est une « Quarantine Video ». Si tu devais la refaire, dans un monde parallèle dans lequel le confinement n’aurait pas eu lieu, aurais-tu fait les choses différemment pour ce clip ?

Je ne sais pas… Peut-être, et peut-être que cela aurait ôté son authenticité.

12. Je sais que tu viens tout juste de sortir « Daydream », mais à quoi est-ce que l’on peut s’attendre dans les semaines à venir de ton côté ? Doit-on s’attendre à des concerts ? Un EP ? Un album ?

J’ai l’intention de sortir mon premier album ‘Homo Pauperis’ (Homme Pauvre) en octobre, et il y a aura un festival en septembre que je ne peux pas encore annoncer. J’attends les deux avec impatience !

13. Enfin, et c’est une question que j’aime beaucoup poser en fin d’interview, est-ce qu’il y a un artiste que tu surveilles de près en ce moment ?

Je suis tombée amoureuse de Smerz récemment. C’est un duo féminin. Tout le monde devrait aller écouter ce qu’elle font. Leur musique est très novatrice.


IOTA PHI est à retrouver sur toutes les plateformes de streaming. Vous pouvez également la suivre sur Instagram !

– découverte via Groover.

About the Author: Cloé Gruhier

Rédactrice web depuis plusieurs années, j'ai une passion prononcée pour les musiques électroniques et alternatives. Des envolées synthétiques de Max Cooper aux mélodies et textes introspectifs de Banks, mon radar détecte les nouveautés des scènes indépendantes françaises et internationales, et ce entre deux stratégies de communication pour des labels et artistes indépendants !