Plus le temps passe, plus les musiques électroniques gagnent du terrain, et se diffusent petit à petit dans les autres courants musicaux – dans la pop comme dans le rap, les sonorités électroniques sont là. Cependant, parfois, c’est l’inverse qui se produit : la culture de l’artiste et notamment sa culture musicale vient se répercuter sur ses productions, donnant ainsi lieu à un mélange inédit, et permettant à l’auditeur de se plonger dans une culture qui n’est pas la sienne. Les musiques arabes, africaines ou encore espagnoles gagnent du terrain ; Di Laif quant à lui embrasse sa culture guatémaltèque et imbrique les sonorités musicales de cette dernière en utilisant les codes de la musique électronique pour produire sa musique.

Di Laif est un artiste dont la popularité n’a fait que de s’accroître ces dernières années ; sa musique a touché plusieurs centaines de milliers de personnes à l’heure où ces lignes sont écrites. Sa musique est un doux mélange d’une stricte application des codes de la musique électronique tout en y incorporant des sonorités très organiques, issues pour la plupart d’instruments traditionnels et de voix autochtones. À l’occasion de son live set joué suite à une résidence au Château Ephémère, nous lui avons posé quelques questions et nous avons diggé avec lui dans ses playlists !

Di Laif

1. Hello Di Laif ! Merci de prendre le temps de répondre à nos questions aujourd’hui ! Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Salut ! Je suis un musicien originaire du Guatemala. Di Laif est mon projet musical où j’aime mélanger deux grands amours : la musique du monde et la musique électronique.

2. Tu es originaire du Guatemala, et cela s’entend dans ta musique ; tu as l’art de mêler instruments organiques et productions électroniques avec brio ! Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton éducation musicale ? Comment as-tu développé cette patte artistique qui rend tes sons aussi uniques ?

Je considère que mon éducation musicale a commencé depuis tout petit dans la maison de mes parents. Venant d’une famille nombreuse très unie et amoureuse de la musique, il y avait toujours des fêtes de famille où on écoutait de tout, des hits qui passaient à la radio à des sons plus undergrounds de mes oncles ou de mon père, qui est un collectionneur de musique. Ensuite, vers 15 ans, j’ai commencé à jouer de la guitare et ai intégré plusieurs groupes. J’ai fini par faire des études d’ingénieur du son, où j’ai commencé à composer avec des éléments électroniques.

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3. Non seulement ta musique a des sonorités particulières, mais tu as été également repéré par plusieurs labels, portés chacun par des artistes forts. Comment est-ce que tu as signé sur ces labels ? As-tu envoyé des demos ou est-ce qu’ils faisaient parti de ton entourage professionnel ?

Uff, la relation avec les labels a commencé lorsque j’ai vécu un temps à Berlin et y ai rencontré plusieurs amis qui avaient un label, c’est avec eux que j’ai sorti de la musique pour la première fois. Après ça je crois que tout a commencé à grandir petit à petit. La connexion avec Festival Nomade s’est faite lorsqu’ils sont venus à un festival au Guatemala, pareil pour les amis du label Numa. Evidemment il y a aussi eu des connexions faites par internet, j’ai écrit à des labels dont j’admire beaucoup le travail et d’autres m’ont contacté directement pour participer à leurs projets. Je pense que c’est le chemin qu’on emprunte qui nous amène à certaines personnes et aux labels avec lesquels notre musique fait écho.

4. Et ta dernière actualité, c’est un live, joué au Château Ephémère et retransmis sur Youtube depuis début avril. On t’y voit jouer une heure de son, tous plus hypnotiques et dansants les uns que les autres. Comment est-ce que tu composes ? Est-ce que tu penses tes sons en fonction de futures prestations live ?

Ce live d’une heure est l’aboutissement d’une résidence faite au Château Ephémère. C’est un super endroit près de Paris où j’ai pu pendant deux semaines composer dans leurs locaux et avoir un studio pour moi rempli de synthétiseurs, disponible jour et nuit ! L’objectif était de composer un set qui pouvait être joué en live et qui explore les mécanismes de création de la musique électronique. Il a également un aspect visuel car il vise à être une performance à part entière. Mais en général je ne compose pas la musique en fonction de prestations lives. C’est plutôt l’inverse, j’adapte les morceaux pour le live et j’aime voir l’évolution entre la version CD et celle où elle est jouée devant un public.

5. On a parlé d’influences, de sonorités musicales, de prestations artistiques et de collaborations, mais on aimerait aussi beaucoup savoir ce que tu écoutes au quotidien, et les sons qui ont ponctués ton parcours musical ! Tu nous fais faire un tour de tes playlists du moment ?

Voici un aperçu de morceaux avec lesquels j’ai grandi et que j’écoute encore beaucoup aujourd’hui !

6. En quoi est-ce que ces titres t’ont particulièrement marqués ?

Je crois que ces chansons ont un peu plus retenu mon attention que le reste. Peut-être parce que je sens que ce sont des morceaux qui ont essayé d’aller plus loin que la norme établie, d’élargir les horizons sonores, et ont donc été d’une certaine manière précurseurs à tout ce que l’on entend aujourd’hui. Pour beaucoup, ils mélangent également plusieurs éléments, notamment des éléments organiques, qui résonnent en nous et auxquels chacun s’identifie personnellement.

7. Maintenant que tu as joué au Château Ephémère, qu’est-ce qu’on peut attendre de toi dans les mois à venir ? Un nouvel album, par exemple ?

Beaucoup de projets en perspective ! Malgré la pandémie j’ai pu maintenir mes habitudes de compo et continuer à travailler avec d’autres artistes. L’un d’entre eux est Dr.Nativo, un grand artiste guatémaltèque qui a déjà une carrière importante derrière lui, il travaille avec le label Stonetree Records et nous préparons actuellement un projet commun. Bien sûr, des remixes à venir également, d’autres collaborations, des singles et je commence également à travailler sur ma prochaine sortie.

8. Enfin, dernière question, quel est l’artiste que tu suis de près en ce moment ?

Un des artistes dont je suis particulièrement attentif en ce moment est le groupe Grupo Sotz’il du Guatemala. Ils font de la musique super inspirante et engagée en langues mayas, ils mènent également des recherches d’instruments de musique préhispaniques (instruments qui ont presque tous disparus après la colonisation espagnole).


Di Laif est à retrouver sur toutes les plateformes de streaming. Vous pouvez également le suivre sur Instagram !

– découvert via Groover.

About the Author: Cloé Gruhier

Rédactrice web depuis plusieurs années, j'ai une passion prononcée pour les musiques électroniques et alternatives. Des envolées synthétiques de Max Cooper aux mélodies et textes introspectifs de Banks, mon radar détecte les nouveautés des scènes indépendantes françaises et internationales, et ce entre deux stratégies de communication pour des labels et artistes indépendants !