Repéré pour son premier titre « Momentum » il y a déjà 3 ans puis mis en avant lors du Chantier des Francos plus tôt cette année, Aurus se démarque de ses pairs issus de la scène pop pour de nombreuses raisons. Il est certainement l’un des artistes les plus singuliers et les plus novateurs du moment, notamment pour les sonorités américaines façon RY X et Rag’n’Bone Man qui viennent s’instiller dans sa pop anglaise & créole ; côté visuel, il n’hésite pas à balayer les attentes des habitués de ce genre musical en dévoilant à son public son alter ego drag. En somme, Aurus – qui n’est autre que Bastien Picot des 3somesisters – est un artiste multiple qui se veut être l’incarnation de nos contradictions, embrassant ainsi au sein de son art tous les paradoxes et différences qui sommeillent en nous : des notions qui s’expriment au sein d’un premier album, « Chimera », sorti vendredi dernier. En écoute ci-dessous !

« Chimera », ou chimère : une créature légendaire au corps animal hybride. C’est le titre qu’a choisi Aurus pour son premier album, un titre lourd de sens qui lui permet d’évoquer tout en métaphore une idée forte : les paradoxes de l’être humain. Et ces paradoxes, qu’ils soient liés à notre personne comme au mode de fonctionnement de notre espèce, sont nombreux : de la manière dont l’espèce humaine traite la nature à la manière dont l’individu se représente en société, tout se retrouve dans l’album d’Aurus.

« I will devour the eye of the falcon »
– Horus – Aurus

Et ce dernier démarre sur les notes aériennes du titre « Horus », nom d’une divinité égyptienne de laquelle l’artiste tire son pseudonyme. « Horus » est un titre qui précise par ailleurs la nature de sa chimère : elle est mi-homme, mi-faucon ; les paroles du refrain laisse d’ores et déjà sous entendre une volonté de puissance comme une notion de décalage entre sa part humaine et sa part animale.

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S’ensuit « Scalp », un titre qui résonne comme un hymne tribal moderne et qui laisse exploser l’une des constantes dans la musique d’Aurus : les percussions, les rythmiques organiques qui se répètent, laissant ainsi son héritage créole transparaître dans sa musique.

« What you are is more than enough »
– Momentum – Aurus

Ceci dit, c’est un héritage qu’il distille avec parcimonie au sein de ses titres, « Momentum » semblant au contraire puiser dans des références plus américaines, façon Imagine Dragons. « Momentum » est le titre qui l’a fait connaître en 2019 et qui lui a permis de présenter son projet au monde entier, un titre qui vient délivrer à l’auditeur un message d’amour et de confiance en soi.

Et c’est un message qu’il pousse encore plus loin sur « KUHU », acronyme de « Keep Ur Head Up », ou en français « garde la tête haute » : ce titre est accompagné d’un clip dans lequel il dévoile La Piyonté, son alter ego drag. Le clip rend aussi bien hommage à sa langue créole qu’à la communauté queer, à l’art de la danse et du voguing, tout en mettant à mal les constructions sociales qui sont régies autour de la question du genre.

Et bien que l’album soit ponctué de nombreux titres aux mélodies et instrumentations puissantes, des titres plus doux viennent s’intercaler entre ces derniers – on pense notamment à « Cryo », « The Abettors » ou encore « Mean World Syndrome », prouvant une fois de plus de la versatilité d’Aurus. Un premier album qui place la barre très haut pour ce jeune artiste émergent !


Aurus est à retrouver sur toutes les plateformes de streaming. Vous pouvez également le suivre sur Instagram !

About the Author: Cloé Gruhier

Rédactrice web depuis plusieurs années, j'ai une passion prononcée pour les musiques électroniques et alternatives. Des envolées synthétiques de Max Cooper aux mélodies et textes introspectifs de Banks, mon radar détecte les nouveautés des scènes indépendantes françaises et internationales, et ce entre deux stratégies de communication pour des labels et artistes indépendants !