Salut!

C’est Cloé, fondatrice de hauméa magazine.

Bon, le titre est volontairement catchy et « cru » pour dire quelque chose de beaucoup plus doux : venez on se laisse le temps de faire les choses?

Voilà deux ans que je n’ai pas écrit ici. Deux ans sans interviews écrites car j’ai mis l’accent sur le podcast Parcours d’Indés, qui est lui très actif et en est maintenant à sa quatrième saison ; deux ans sans chroniques musicales, car j’ai souhaité retrouver mon oreille d’auditrice, et que les mails promo, aussi porteurs de nouveautés soient-ils, commençaient tout juste à m’angoisser tant j’en recevais presque une centaine par jour (même si j’aime toujours autant en recevoir).

C’est la première fois que je prends publiquement la parole ici, en disant « je », et je suis heureuse de dire que je reprends la rédaction sur hauméa avec un nouveau mindset : celui de la découverte « à la main », et celui de la lutte contre la course à la nouveauté. J’inaugure aussi par la même occasion une section « édito » où j’écrirais, avec ou sans régularité, des billets d’humeur comme celui-ci, comme le font les rédacteurices en chef dans les magazines papier – oui, je suis attachée aux formats journalistiques traditionnels.

Pour celleux qui ne le savent pas, je suis donc également à la tête du podcast Parcours d’Indés, mais aussi fondatrice d’une agence de services aux artistes et aux structures de la musique, nommée Proxima Centauri. Dans le cadre du développement de ces deux entités – Proxima occupant maintenant la majorité de mon temps – j’ai à coeur de dire qu’on devrait collectivement travailler sur la base du Temps Long, et donc d’arrêter de dire qu’un album est périmé après 6 mois.

Oui, je ne mâche pas mes mots – votre album préféré de tous les temps ne date-il pas d’il y a plusieurs années? Certains de mes albums préférés sont parfois sortis avant ma naissance. Si on considère un album périmé après 6 mois (et que dire des EP, ou des singles), on se ferme la porte de la découverte musicale, à commencer par la découverte de la discographie d’un-e artiste qu’on vient tout juste de découvrir sur TikTok, par exemple. On laisse aussi la porte ouverte à la curation passive, souvent dopée à l’intelligence artificielle, aussi bien dans la production musicale que dans le choix de la musique qui passera après celle qu’on écoute en arrière-plan, en faisant autre chose.

La musique n’a pas de date de péremption. Preuve en est que ma génération – je suis née en 1997 – fait régulièrement des soirées dopées à la musique pop disco des années 80, et les soirées « années 2000 », « Y2K », font également régulièrement leur apparition.

Aussi, légalement, la durée de vie du droit d’auteur s’étend jusqu’à 70 ans après la mort du dernier ou de la dernière auteur-ice. Comment peut-on donc clamer sur tous les toits qu’il faut sortir de nouvelles choses tous les mois? Et sortir un album tous les ans?

Une de mes artistes préférées – Banks – sort un album environ tous les quatre ans. Je trouve ce rythme super car il permet à l’artiste d’avoir ses « périodes », de développer un storytelling sur la durée, et d’étirer dans le temps la production des contenus audiovisuels (clips) et live qui accompagnent le disque.

Car c’est bien ça, un disque. C’est un objet immatériel, parfois physique car pressé en CD ou en vinyle, qui accompagne le développement d’une carrière, et plus que tout : la création d’un univers partagé avec son public.

Avec cet édito, je voudrais vous demander une chose, que vous n’êtes pas obligé-es de faire mais que je trouve amusant pour reconnecter avec la découverte musicale.

Cliquez sur n’importe quel mot de cette phrase, et écoutez l’artiste sur lequel ou laquelle vous tombez.

hauméa se veut être un recueil de musiques pop, électroniques, alternatives et hybrides. Parfois, il y aura des ovnis dans la curation – je n’exclus pas un jour une interview d’un groupe de post-noise, car pourquoi pas – mais la ligne éditoriale est celle-ci car elle correspond à ce qui me parle, ce qui me motive, ce qui me fait voir le monde autrement.

Où est-ce que je veux en venir avec ça? En cliquant sur n’importe quel mot de la phrase au dessus, vous plongez dans les archives de hauméa. D’ailleurs le langage veut que j’appelle ça des « archives », mais il s’agit au fond de discographies d’artistes plus ou moins actif-ves, et dont la date de sortie n’est en rien un indicateur de qualité musicale.

Laissez-vous donc surprendre.

Allez chez un disquaire même si vous n’avez pas de platine pour écouter des vinyles : prenez en photo une pochette qui vous parle, et écoutez le plus tard sur la plateforme d’écoute que vous utilisez le plus.

Ouvrez les pages d’un magazine papier dédié à la musique, et laissez-vous surprendre par, une interview, par les mots de l’artiste, avant d’aller écouter sa musique.

Baladez-vous sur la page Instagram d’un-e artiste que vous aimez, allez dans la section « PRESSE » des story highlights, et cliquez sur le nom d’un magazine digital ou d’une radio, et allez-voir ce qui s’y trouve.

Avant les algorithmes on avait la presse et les concerts. L’intelligence artificielle ne remplacera pas les concerts, mais la presse se meurt à petit feu.

Voyez-nous comme des ami-es qui vous recommande d’écouter tel-le artiste « parce qu’on trouve ça trop cool ». C’est littéralement ce qu’on fait, après tout. C’est comme ça qu’on perdurera, surtout.

Donc welcome back, à hauméa et à vous, en espérant que vous y trouverez votre futur coup de coeur musical (:

Cloé Gruhier.

PS : mon dernier énorme coup de coeur musical, c’est N Nao!


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About the Author: Cloé Gruhier

Rédactrice web depuis plusieurs années, j'ai une passion prononcée pour les musiques électroniques et alternatives. Des envolées synthétiques de Max Cooper aux mélodies et textes introspectifs de Banks, mon radar détecte les nouveautés des scènes indépendantes françaises et internationales, et ce entre deux stratégies de communication pour des labels et artistes indépendants !

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