Aujourd’hui, on ne la présente plus. Grande prêtresse d’une techno sensuelle, progressive et, il faut le dire, résolument florale, Irène Drésel séduit ses fans un à un avec des productions toujours plus fines et d’un niveau de détail sans pareil. Si elle nous a tous fait vivre un grand moment de musique en live sur nos écrans en fin d’année dernière – un très beau cadeau de Noël de la part de l’artiste et qu’on vous conseille d’aller regarder sur notre page Facebook, elle prépare de belles choses pour 2021.

Mais comment compose-t-elle ? Et qu’écoute-t-elle au quotidien ?

On lui a posé quelques questions afin d’en savoir plus sur ce qui se cache derrière le parterre de roses qui l’accompagne à chacun de ses lives.

Irène Drésel live

1. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore ?

Bien sûr, je m’appelle Irène Drésel, je suis créatrice de musique électronique. Une musique avec de fortes influences techno mais beaucoup de mélodies et d’intensité émotionnelle. Sur scène je suis entourée d’un décor de fleurs, c’est à ça qu’on me reconnait aussi 🙂

2. Nous avons tous vu lors de ton dernier live à la scénographie absolument dingue que tu annonces un album pour le mois d’avril ! Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la manière dont tu as composé cet album et sur ce qui nous attend ?

Je me suis mise à composer cet album peu de temps après que mon premier album soit sorti. (« Hyper Cristal », en 2019). Je suis très lente à composer, donc pour moi la sortie d’un disque est un travail de longue haleine. J’avais mis cinq ans à composer le premier, là j’aurais mis presque deux ans. Je l’ai composé chez moi, dans mon studio, avec du chocolat au lait, du thé et de l’eau au citron vert / gingembre :). Quand je compose je m’imagine une ambiance moite avec des festivaliers complètement hystériques. C’est ça qui me porte. C’est une image et un ressenti qui ne me lâcheront jamais, malgré la triste situation actuelle. C’est un album riche en diversité, dans la même lignée que mon premier album.

 

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3. Ceux qui suivent tes pérégrinations sur Instagram sont au courant de ton grand jardin, de tes poules et de ton amour pour la pizza hawaïenne, mais je ne suis pas sûre que les personnes savent ce que tu écoutes au quotidien ! Est-ce que tu peux nous faire faire un petit tour de tes playlists du moment ?

Aaahh ! Il y a une raison très simple à cela… c’est que je n’écoute pas tant de musique que ça ! Donc c’est une question très difficile pour moi. Je suis comme notre cher Johnny Hallyday qui disait très justement « La musique, j’en fais ; alors j’en écoute peu. » :). Cependant j’ai récemment créé des playlists Spotify que j’ai partagées sur les réseaux. Il y a notamment une playlist qui s’appelle « Electronic and Techno music that I love » qui dure cinq heures, une autre qui s’appelle « Electronic music to make love in a perfect way » qui dure une heure et demie, une autre « Relax and Sweet Dreams » , une autre « Music in all languages » etc.

Sinon, mes six titres préférés sont majoritairement des morceaux venus d’ailleurs comme « Hela Lisa » de Bachar Mar-Khalifé, « Mae Kha Som Tam » d’Onuma Singsiri, « Leyla » d’Altin Gün, « Moner Atale Neme » de Sandhya Mukherjee. Côté techno c’est sans hésiter « Outhouse » de Nathan Fake. Côté rap, « Daruma » de Népal.

4. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ces titres que tu listes ? En quoi sont-ils marquants pour toi ?

Ce sont des titres marquants car ils portent en eux beaucoup d’émotion, et ils racontent quelque chose. « Mae Kha Som Tam » d’Onuma Singsiri (une chanteuse populaire en Thaïlande) raconte la détresse et le chagrin d’une vendeuse de salades de papayes dans une station essence de Bangkok. Elle est bouleversée car elle ne voit pas venir ses deux clients réguliers. Il est tard et elle les attend toute la nuit en regardant la route, craignant qu’ils aient acheté leur nourriture auprès d’une vendeuse concurrente. J’adore la Thaïlande et cette chanson me rappelle l’ambiance chaude la nuit là-bas… « Moner Atale Neme » de Sandhya Mukherjee est une chanson bengali que j’adore. Je l’ai découverte en septembre 2012 lors d’un voyage en Californie. J’avais gagné un prix photo et j’étais donc conviée pour le vernissage au Musée d’Art de San Diego (à l’époque je faisais de la photographie). Là-bas j’ai retrouvé une amie américaine qui a des origines indiennes, et sa mère m’a offert le CD de cette chanteuse qu’elle adore. Ce sont des musiques qui m’emmènent loin et me rappellent beaucoup de choses. En ce qui concerne « Daruma » de Népal, c’est du rap français. Rien à voir ! C’est un titre très noir et mélancolique. Népal est un rappeur qui s’est suicidé en novembre 2019 à 24 ans seulement. J’ai découvert ce morceau le lendemain de sa mort. Ça m’a beaucoup touché. Le texte commence par « J’ai peint le ciel couleur lavande, mental dans un scaphandre ». J’ai la chair de poule et le cœur serré à chaque écoute.

5. Enfin, pour finir, est-ce que tu peux nous dire quel artiste tu suis de près en ce moment ?

J’aime bien suivre les sorties de Bonnie Banane que j’ai découverte il y a déjà sept ans. Comme elle se compare à Brigitte Fontaine que j’ai eu la chance de connaître très intimement, j’aime bien y chercher les ressemblances. J’aime bien aussi suivre les actus de Salut C’est Cool ou Jacques. Sinon le seul artiste que je suis de près c‘est Paul Kalkbrenner, car j’attends qu’il ressorte des bombes comme dans le bon vieux temps ! Récemment il a sorti un nouveau titre, « Graf Zahl », c’est pas mal ! Mais je n’ai jamais retrouvé un morceau aussi fort qu’ »Altes Kamuffel », son tube de 2012. Il va bientôt être papa, je suis convaincue que cet événement va l’amener à sortir des perles 😉

En attendant de retrouver le prochain album d’Irène Drésel en avril, on vous invite non seulement à écouter son premier album, « Hyper Cristal », mais également à parcourir sa chaîne Youtube et à admirer les clips qu’elle a réalisé elle-même, dessin après dessin !


Irène Drésel est à retrouver sur toutes les plateformes de streaming. Vous pouvez également la retrouver sur Instagram !

About the Author: Cloé Gruhier

Rédactrice web depuis plusieurs années, j'ai une passion prononcée pour les musiques électroniques et alternatives. Des envolées synthétiques de Max Cooper aux mélodies et textes introspectifs de Banks, mon radar détecte les nouveautés des scènes indépendantes françaises et internationales, et ce entre deux stratégies de communication pour des labels et artistes indépendants !